Article du carnet de bord

Grand circuit en Allemagne

Chassis, de Haus-Rucker Co

Grand circuit  documenta 14: de si belles gares, d'agréables villes, de fort beaux musées... et des événements d'exception !

Les Ailes ont débuté ce périple de l'été 2017 par la visite la plus incroyable pour un lieu dédié à l'art contemporain: à KÖLN (Cologne), nous avons vécu l'expérience de visiter un musée "presque vide", le KOLUMBA ouvert depuis 10 ans et fêtant cet anniversaire pendant 3 jours, débarrassé de tous ses contenus habituels, art religieux et art contemporain, tout en dévoilant les entrailles de la construction. Conditions de visite idéales pour cette admirable architecture. Malgré les contraintes du lieu et tout en respectant les traces de l’histoire (comme au musée Ste-Croix de Poitiers, l’édifice intègre le parcours archéologique) l'architecte suisse Peter Zumthor a pallié la massivité de l’édifice par un jeu d’ombre et de lumière donnant une impression de légèreté et de transparence.

À FRANCFORT, l'architecture du viennois Hans Hollein, pour le MMK (Museum für Modern Kunst de 1991) nous a marqués par la qualité des volumes. Parmi les présentations, la rétrospective consacrée à la grande artiste new-yorkaise Carolee Schneemann qui a beaucoup travaillé avec le corps, s'intéressant notamment à la sexualité et au genre: comme Anna Halprin mise à l’honneur à Kassel, elle a pris part au mouvement de la Judson Church à New-York, avec les jeunes artistes des années 60 qui en ont diffusé la pensée et les principes de création tous azimuths : danse (Simone Forti, Trisha Brown, Yvonne Rainer, Steve Paxton…), musique (John Cage…) arts plastiques et électroniques (Robert Morris…).

La SCHIRN KUNSTHALLE à proximité du MMK est un lieu d’expositions temporaires : une exposition Peace, où des artistes internationaux engagent une réflexion sur le thème de la paix : Doug Aitkin, Lee Mingwei, Ulay, Barbara Kruger, Michel Houellebecq, pour n’en citer que quelques-uns ; et une exposition consacrée à Peter Saul, un des premiers peintres américains du Pop’art.

Mais les Ailes étaient à Francfort pour survoler le grand week-end des musées, la MuseumsUferFest permettant l'accès à une bonne vingtaine de musées. La collection impressionnante du STÄDEL MUSEUM est essentiellement dédiée à l'art européen du XIVe au XXe siècle, de Hans Holbein l'Ancien à Baselitz ou Bacon; elle compte parmi les collections les plus importantes de l'art européen. De quoi creuser l'appétit et conduire sur les quais du Main aux grillades, bières  et concerts en plein air.

Le Centre d'art et de technologie des médias de KARLSRUHE, le MKZ, occupe quant à lui depuis 1997 un bâtiment industriel classé monument historique, une ancienne manufacture de munitions, profitant de volumes considérables, au service de présentations à la conjonction de l'art et des techniques multimédias: puissance de la parole, de l'écrit, de l'image !

 

À MÜNSTER, la quatrième édition du Skulptur Projekte, évènement décennal, invitait des artistes du monde entier pour 35 projets, s'inscrivant dans la structure urbaine et l'environnement social et culturel de la ville : Pierre Huyghe nous a frappé par son installation "post-apocalyptique" dans une ancienne patinoire, un biotope complexe au-delà des ravages de l'ère anthropocène. Ainsi que Ayse Erkmen par son dispositif On water pour traverser à pied le canal du port. Citons encore l'installation de Cosima von Bonin et Tom Burr sur le parvis du musée LWL ; et évoquons la poésie d'installations plus modestes :  le "niveau" de John Knight à l'angle du musée, les candélabres d' Aram Bartholl,  ou encore l'octogone de verre de Dan Graham (1987) et La prairie rit (1987) de Harald Klingelhöller . Des oeuvres parfois difficiles à trouver, à identifier et appréhender, subtilement intégrées dans les espaces publics. D’autres pièces des éditions précédentes se découvraient plus aisément, comme la pyramide inversée de Bruce Naumann Square Dépression ou l' immense antenne de télévision en râteau plantée par Ilya Kabakov où le spectateur, allongé dans l’herbe, écoutant le vent, peut lire le poème que l’artiste a dessiné dans le ciel entre les branches de l’antenne. Et nous ne fûmes qu'à peine perturbés par la visite d'Angela Merkel en réunion publique électorale de la CDU sur la place de la Cathédrale en ce bel après-midi.

 

Trois jours à KASSEL n'auront pas été de trop pour appréhender cette ville de 200 000 habitants: à l'ouest les hauteurs du château SCHLOSS WILHELMSHÖHE au dernier étage duquel s'épanouissent les grands maitres flamands; à l'est la Otto-Hahn-Strasse où la ligne de bus 18 devient, de nuit, la 19 laquelle se transforme chemin-faisant en 17: parcours initiatique à travers des zones industrielles! Opportunément, un dîner chez Lohmann ou chez  Eckstein en centre ville nous ont initiés à l'authentique cuisine allemande.

La documenta 2017 à Kassel, la 14 ième édition de ce rendez-vous quinquennal, cette fois précédée d'un premier volet à Athènes, est un ensemble conséquent dont l'épicentre est sans doute le Parthénon des livres interdits de Marta Minujin. Il est installé face au FRIEDERICIANUM où est exposée la collection du nouveau musée d'art contemporain d'Athènes: donc beaucoup d’artistes grecs représentés, Takis, Kounellis pour les plus connus et d’autres comme Lukas Samaras et ses miroirs ou Vlassis Caniaris que nous avons découverts, et quelques artistes internationaux, Bill Viola (The Raft), Kowalski, Mona Hatoum, Jan Fabre...

Sur l'ensemble des sites, nombreux sont les travaux qui éclairent un monde inquiet et qui s'interroge, ou qui dénoncent des questions sociales et politiques. Les vidéos sont peu nombreuses, mais impactent fort, comme l'Atlas fractured de Theo Eshetu à la Neue Neue Galerie; comme The Dust Channel de l'israélienne Roee Rosen au Palais Bellevue ou Such a morning de l'indien Amar Kawar à la Neue Galerie. A signaler le film de Douglas Gordon, (un film presque sans image projeté au CINESTAR) Je n'avais nulle part où aller: un portrait d'une personne déplacée (2016, 97 min.) . . .

 

La documentaHalle faisait une grande place à Anna Halprin pour son engagement dans le mouvement de la Judson Church. Une mention spéciale pour les travaux de la norvégienne Maret Anne Sara, avec à la Neue Neue son rideau (ou drapeau) de cranes de cerfs exterminés, complété à la documenta Halle par les broderies d'un collectif du peuple Samis.

Au total, 35 lieux différents dans la ville, de l'ancienne station de métro converti en lieu d'exposition aux portes de ville tendues de toiles à sacs par le ghanéen Ibrahim Mahama.

Christiane Vigneau et Pascal Bernard

 

Commentaires

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